Bull : Interview

Bull, c'est un peu cette petite bulle d'air frais dont on a du mal à se passer, le genre de musique entraînante, difficile à décrire tellement elle semble couler de source.
Depuis 2017, le quatuor de York compose des morceaux sur ce qui rythme son quotidien dans je cite « la plus petite ville du monde ». Entre pop et rock, le tout est surtout très instinctif et aborde des sujets forts intéressants mais sans jamais se prendre au sérieux.

Bull présente aujourd’hui son premier EP Love Goo, on ne pouvait pas passer à côté.

 

Bull : Interview
© Mikael Åstrand

 

Comment vous êtes vous rencontrés ?

Je suis Tom, le chanteur de Bull, j’ai rencontré Dan le guitariste du groupe, par le biais de ma copine, qui est sa soeur. On s’est rencontré quand il avait 13 ans, sa voix n’avait pas encore muée. Il y avait une énergie créative entre ses potes et lui ; ils avaient soif d’apprendre les règles du rock. Étant son aîné, je lui ai transmis ma sagesse (rires). On joue ensemble dans Bull depuis 2011.
En 2017, il me semble, Kai et Tom ont rejoint le groupe. Dan a toujours connu Kai, car ils étaient à l'école ensemble.
Nous avons tous baigné dans la même scène rock à York et on était bons potes, donc c’était logique qu’ils rejoignent le groupe.

 

Quelle est l'histoire derrière « Bull » ?

J’aimerais qu’il y en ait une ! On s’est juste dit que c’était un bon nom. C’est notre ami Liam qui a proposé Bull. Je crois que le nom a fait l'unanimité en voiture avec ma mère. S’il faut que je trouve un sens, je pourrais aussi dire que j’ai été dans de nombreux groupes auparavant, et que j’ai toujours trouvé que les gens se prenaient tous trop au sérieux et oubliaient de se marrer. Bull c’était une blague, un endroit où déconner - c’était du “Bull shit” mais qui en a quelque chose à foutre ?

 

Vous avez tous joué dans des groupes avant Bull ?

Oui, Kai est bassiste professionnel, il joue de la contre basse avec son groupe Hyde Family Jam, ils jouent dans la rue.
Quand je l’ai rencontré, il était bassiste pour the Littlemores, le meilleur groupe de York. Il y avait aussi Conor Hirons des Howl and the Hum, qui composait leurs chansons. J’adorais aller voir le groupe jouer, et j’ai grandi en le faisant, comme Dan.
Notre batteur Tom Gabbatiss a joué de la basse dans Asio’s Eyes, un des deux groupes hippies de York, l’autre étant La Petite Mort. Nous avons formé
une coalition rock avec ces hippies et la guerre s’est tout simplement arrêtée. Tom a aussi été batteur dans des groupes chelous comme Ziz, Gynoug, Psycle, et a parfois accompagné Owl aka Mr Oli Knight. Mais il a vraiment commencé comme batteur dans le Kaleidafunk, c'est-à-dire le monde funk de York, maintenant connu.

Cela nous amène doucement à comment j’ai commencé la musique : en jouant du trombone dans le groupe funk rival, Hot Fudge.
J’ai aussi fait de la guitare dans un groupe
cèilidh (musique folk irlandaise) quand j’étais très jeune, et j’ai joué du synthé/clavier et de la batterie dans quelques groupes. Ceci étant dit, Bull a été mon premier (et dernier) groupe en tant que compositeur.

Dan, lui, a joué avant Bull dans le groupe Uncle, avec ses meilleurs potes. Je dirais que c’était un nouveau genre de quatuor Blues/Barbershop. Hilarant et génial. Il joue aussi de la guitare dans Middle Child, avec le premier bassiste de Bull, Rory Welbrock. Ils sont incroyables, écoutez leurs chansons.

 

Est-ce que vous avez des projets en parallèle ?

Moi, pas vraiment, Bull c’est vraiment là où je fais de la musique ! Je joue quelques fois avec We are Hannah de York, accompagnant, avec Kai, à la contre basse, les chansons et harmonies géniales du groupe. Je joue parfois de la batterie dans le groupe de mon frère “Eugene Gorgeous”.
Tom joue avec ses potes et comme je l’ai mentionné, Kai joue dans Hyde Family Jam. Il joue aussi de la contre basse dans Washing Machin Repair et Dead Drummer.
Dan joue dans Middle Child, parfois avec Bonnie Milnes, et il fait aussi partie du groupe d’Amsterdam Personal Trainer. 

 

Bull : Interview
© Bibian Bingen

 

Vous collaborez avec de nombreux artistes pour vos visuels et vos pochettes, quel est votre rapport à la création artistique ?

Nous aimons bosser en collaboration, et voir une idée prendre forme.
Kai a étudié l’art à Leeds donc c’est un atout fort pour le groupe, il nous fait nos posters et tee shirts sérigraphiés.
J’ai aussi la chance de connaitre ma soeur Holly Beer (rires), qui depuis le début, nous aide avec nos visuels. Rory nous aidait beaucoup aussi. On est tous intéressés par l’art, le fait de créer des choses, et le manque d'idées n’est pas le problème : Tom G fait des collages et des peintures, Dan a un grand sens du détail. Je peux vous faire un joli dessin. Nous aimons l’art. 

 

Les dessins ou les animations sont souvent assez brutes, à l’image de votre musique, hyper naturelle et instinctive. Il y a un lien entre tout ça ?

L'instinct est la clef : juste faire ce qui nous vient naturellement. Quand nous demandons à quelqu'un de travailler avec nous, ou que nous pensons à une idée, c’est souvent parce que ça coule de source. Et plus on établit des connections de ce genre, plus on se rend compte que beaucoup d’autres apparaissent. On essaie de faire le plus de choses possible et comme je l’ai dit plus tôt, toujours en se marrant.

 

Bull : Interview

 

Vous avez récemment signés chez EMI et Young Thugs. Qu'est ce que ça a changé pour vous ?

On a plus de réunions Zoom. Si on a une idée, on peut la réaliser. Et il y a une équipe de personnes qui mettront tout en place pour que cela se produise. On est probablement les personnes les plus chanceuses du monde...

 

Young Thugs est un label de York, c'était important pour vous de garder une connexion avec la ville ?

C'était important parce que tout cela ne nous serait jamais arrivé sans eux. Le travail qu’ils ont fait entre 2016 et 2020, de promotion et de publicité, pour la scène déjà existante de York a finalement marché ! C’est grâce à eux, et sans Dave Greenbrown et Young Thugs, nous ne serions pas dans cette position très privilégiée. Donc merci ! La scène de York est aussi, bien sûr, très importante pour nous. 

 

Justement, comment est la scène musicale à York ?

C’est merveilleux, Joe Coates, le seul et l’unique, a organisé des milliers de concerts géniaux à York, tout simplement parce qu’il est hyper cool. Il travaille maintenant au Crescent, qui est une salle de concert dont on est fiers à York.

Il y a tellement de choses à dire sur York et la musique... La scène musicale, et surtout la machine, n’ont jamais été aussi bien huilées. Pour la première fois depuis que je joue des concerts dans cette ville, il y a, je crois, un véritable écosystème et je le répète, une machine, pour les groupes, les tourneurs et les salles. C’est génial de voir ça, j’ai presque l’impression d'être en Europe (milk and honey) (Ndlr : expression voulant dire utopie). Chris Sherrington au Fulford Arms, Harkirit Bopari au Crescent, the Victoria Vaults... ils s’occupent de tout et honnêtement, c’est nickel !

Il y a énormément de groupes : Cowgirl, Perspex, The Howl and the Hum, We are Hannah, Mark Wynn, And The Hangnails, Bonnie Milnes, Rory Welbrock, 7 hour darkness invasion, Parker Lee, Epilogues, Man Screams, Redfern, Pat Butcher, Truman, Avalanche Party, Faux Pas, David Ward McClean... Et avec tous ces confinements, il y en aura surement un million de plus dans la plus petite ville du monde s’appelant York.

 

Votre musique fait penser à des groupes comme Scott & Charlene's Wedding. Quelles sont vos influences ?

J’adore Scott and Charlene’s Wedding, donc merci. Ils ont joué à York, au mythique Woolpack, où tout le monde joue, tous les soirs ! Sinon, dans mes influences, il y a Bob Dylan, Malkmus et Elliot Smith pour les compositeurs. Musicalement, j’aime vraiment vraiment beaucoup la musique pop, de tout mon coeur. En gros, tout ce qui te donne envie de te lever.
Dan est influencé par le jeu de guitare de J Mascis, le roi des champignons gnomes de la boue. Bien sûr je ne parlerais pas pour les autres mais on aime écouter les mêmes morceaux, quand on est sur la route, tu sais, les trucs vraiment bons.

 

Vous venez de sortir le single Love Goo, quest ce que vous pouvez nous dire sur ce morceau ?

C’est un morceau que j’ai écrit et qui parle du fait de ne pas se prendre au sérieux.

 

https://www.youtube.com/watch?v=lrPj4udN9w0

 

Le 16 décembre vous avez prévu un live stream, le Snow Global Tour, en quoi ça consiste ?

En effet ! En réalité, c'était l’option la plus raisonnable. Quand l'opportunité s’est présentée sous la forme de Ben Hammond et Reel Recording studio à York, on a trouvé que c'était une idée très cool. Ça pourrait être une chance pour que les gens prouvent leur amour pour Bull. Notre job, c’est de montrer qu’on mérite cet amour.

 

Vous allez aussi vendre du merch. On a récemment vu des artistes, comme Dua Lipa, vendre des tickets qui comprenaient l'entrée et du merch pour leurs live streams. Est-ce une nouvelle façon de rémunérer les artistes ?

Dua Lipa déchire. Et oui ! On a vite compris que personne ne voulait vraiment payer pour un concert sur ordi ou portable. Mais si tu rajoutes du merch, tout le monde y gagne non ?
Et puis comme je l’ai mentionné, nous sommes bénis par le talent en sérigraphie de Kai, on ne peut donc pas échouer !

 

Ce live stream est une façon de promouvoir votre nouvelle sortie. Quelles conséquences le Covid a eu sur la sortie de votre EP ?

Traditionnellement, faire des concerts c'est la façon la plus logique de vendre du merch et de répandre “the sweet word of rock music”. Le covid, ça veut dire qu’on ne peut plus atteindre tout le monde, ce qui a toujours été un de nos principal objectif rock. On espère que d'une certaine manière, le live stream va pouvoir combler ce vide, mais quand notre album sortira, on devra tourner ou redoubler de créativité.

 

Quels sont vos projets pour la suite ? Et quel avenir imaginez-vous pour Bull ?

On a beaucoup de projets. En premier, sortir notre album en début d'année. On espère tourner, pour pouvoir l’emmener dans votre (oui VOTRE) ville. Après ça, on a deux albums prêts pour la scène. On aimerait tourner bien sûr. Sortez ce vaccin magique. On a des plans excellents qui se réaliseront ou pas (ils se réaliseront).
Et on va continuer à faire de la musique et de l’art avec nos amis.

 

Les concerts nous manquent aussi beaucoup, vous avez une anecdote à nous raconter ?

La dernière fois qu’on a joué à Amsterdam, on a garé notre van dans un parking en face des résidences universitaires dans lesquelles on jouait (Dorm Sessions Amsterdam). Un parking très classique mais le sol était couvert de sable. Le van est resté bloqué - vraiment bloqué. C'était de pire en pire... Mais avec l’aide de beaucoup d'étudiants de l’université d’Amsterdam (et de l’asso jardinage), on a creusé pour nous en sortir et on a pu vivre pour jouer un jour de plus.


Bracco : Interview

La semaine dernière nous sommes parties à la rencontre de Bracco, ce duo parisien résident de La Station qu’on ne situe pas mais qui allie avec brio punk, post punk, garage, rock moderne et électronique. 

Baptiste et Loren, ce sont deux férus de musique qui, au détour d’une rencontre, ont créé Bracco, un mélange d'émotion, d'énergie et de tension. De cette rencontre est né POV, un EP électrique puis Grave, leur premier album, sorti en 2019 chez Le Turc Mécanique. Un condensé de huit titres électriques qui font du bruit et feront danser les plus timides !

Nous avons parlé musique, création artistique, du second album qui arrive (mais pas trop vite) et période oblige, d'actualité. 

 

 

Vous pouvez me raconter l’histoire de Bracco ? 

Baptiste : On s’est rencontrés dans un bar où l'on travaillait tous les deux. Le nom du groupe vient de là-bas, c’était le nom d’un mec qu’on connaissait. On ne sait pas trop comment, mais on s’est mis à faire de la musique, et à beaucoup répéter car on avait accès à un studio à Montreuil, de par mon ancien groupe. En bossant régulièrement, nous avons trouvé notre son et nous avons développé ce que l’on fait actuellement assez naturellement. 

Loren : Exactement comme ce que l'on fait en ce moment pour le deuxième : on bosse en répétant, quasiment sans faire de concert.

Baptiste : On a une approche assez live, on fait tout en répétant. On enregistre dans nos téléphones et on part de ça, rien n’est arrêté. Ca ne fonctionnerait pas autrement car notre musique vit avec le live, la tension et l’énergie.

 

Donc la tension et l’énergie énervée que l’on ressent dans votre premier album viennent de vos caractères respectifs ? 

Baptiste : Pas forcément (rires). Les périodes où on a écrit ces chansons étaient un peu dark pour nous deux, je pense que ça a alimenté ce ressenti. Et puis nous avions un besoin de surenchère quand on répétait ; il fallait toujours mettre plus fort, faire plus de bruit. Sans avoir une idée précise de ce qu’on voulait faire et sans vouloir forcément de la noise. Nous sommes allés naturellement vers ce style. 

 

Tu parles d’un second album, ce serait pour quand ? 

Loren : Pour l’automne prochain, le temps de tout enregistrer, de faire la pochette, et puis on ne croit pas trop en l’été prochain pour jouer donc on préfère prendre notre temps.

 

Il sera dans le même style que Grave ? 

Loren : Pour le moment un peu moins.

Baptiste : Dans la finalité je pense que oui, car c’est un peu tout ou rien. C’est-à-dire qu’on serait obligé de faire complètement différemment, ce qui serait probablement très bien aussi, mais on a maintenu cette manière de travailler pour des lives. On veut faire de la quadriphonie et garder cette tension en concert. 

Loren : Puis cette idée de tension, c’est un peu le ciment de ce que l’on fait. Si ce n’est pas là au départ, ça viendra avec les superpositions. Parce que quand tu décortiques les morceaux, il n’y a pas grand chose, il y a vraiment un accord et tout part avec la surenchère. C’est pour ça qu’on a vraiment besoin de répéter très fort, et même là, on trouve que ce n’est pas assez (rires).

 

Est-ce que la conjoncture a changé votre rapport à la création artistique ?

Baptiste : Non, car nous avons fait le premier confinement ensemble en Lozère et donc nous avons pu continuer à faire de la musique. Et maintenant, comme nous sommes résidents à La Station, nous pouvons y aller pour créer.
Ça a surtout modifié le fait de travailler plus et plus intensément. Là, on prépare le prochain album, on est en train de l’écrire et on va l’enregistrer pendant l’hiver. Ça ne change pas grand chose car ça aurait été un moment où nous n'aurions pas fait beaucoup de concerts. 

 

Bracco : Interview
© Marthe Pitous

 

Depuis combien de temps êtes-vous résidents à La Station ? Comment ça s’est fait ? 

Baptiste : C’était des copains, ils sont venus nous voir jouer et ça leur a plu. Ils aiment sortir de certains cadre et pousser de jeunes projets. Et il y avait un aspect affectif, donc ça s’est fait naturellement.
Puis entre les groupes on est tous copains, il y a vraiment une ambiance. (N
dlr : Jessica93, Le Villejuif Underground et Bryan’s Magic Tears partagent les studios de La Station avec Bracco)

 

Et quel est le processus de création de Bracco, qui fait quoi ? 

Baptiste : En général, Loren fait un truc, je gesticule dessus (rires) et l’on se répond comme ça. Donc tout se fait plus ou moins en improvisant ; on garde ce que l’on aime et on l’enregistre dans nos téléphones.
Ça me permet de réécrire les paroles, pour leur donner plus de sens, et de faire le tri entre ce que l’on a aimé ou pas. En gros, c’est une sorte d’improvisation, construite derrière.

Loren : Et on compose toujours ensemble en studio, pour qu’encore une fois, il y ait ce truc d’énergie et de tension, et qu’il n’y ait pas ce jugement de j’aime, je n’aime pas. Ça prend ou ça ne prend pas mais ça élague pas mal de choses. 

 

Pourquoi chanter en anglais ? 

Baptiste : J’ai toujours écrit en anglais et les musiques que j’écoute le sont souvent. On a essayé le français une fois et ça n’avait pas du tout pris (rires).
Ce n’est pas le même exercice et en plus il y a vraiment une prise de partie émotionnelle ; le fait de chanter dans une autre langue ça met une distance et tu gardes surtout l’aspect émotionnel alors qu’en français, tout prend plus de sens.

 

Et tu suis un fil conducteur quand tu écris les paroles ? 

Baptiste : Il n’y a pas vraiment de sujet, enfin, quand j’essaye c’est des trucs soi-disant engagés. Je trouve ça finalement plus chiant, je préfère écrire sur quelque chose que je ressens plutôt qu’une idée sur laquelle je ne me sentirai pas forcément légitime de converser. 

 

Donc pas de sécurité globale dans le deuxième album ? 

Baptiste : La plupart des chansons (pas les nôtres) parlent d’amour, parce que c’est des lieux communs. Là c’est un peu pareil : tu peux exprimer la version que tu as pour quelque chose et utiliser un champs lexical qui appartient à des situations donnés ou à des sentiments. Ce que j’aime, et que nous essayons d’atteindre, c’est quelque chose de très émotionnel, donc peu importe de ce dont on va parler. Si la tension que nous avons a mis dans la musique se ressent, c’est l’essentiel. 

Loren : Et puis ça dépend du public et des lieux dans lesquels nous allons nous produire. Il n’y a pas que les paroles, mais aussi la communication entre notre énergie et le public. Et comme le disait Baptiste, on est ni dans de la noise, ni dans le rock ou la pop. On essaye de rendre le truc un peu hybride et à travers ça, par rapport à la sécurité globale, c’est clair qu'on ne va pas aller jouer pour des flics (rires).

Baptiste : Si quelque chose te casse les couilles et qu’en écoutant la musique tu vas le ressentir, c’est que c’est une bonne chanson, peu importe ce qui est dit. Le morceau ne nous appartient pas vraiment, parce que la personne qui l’écoute a sa manière de l’interpréter. C’est aussi pour ça que je préfère l’anglais, parce qu’il y a un truc un peu plus libre ; je pourrais chanter en charabia, le but est de le ressentir. 

 

Tu parles de votre style hybride, si vous deviez vous catégoriser, vous vous situeriez où ? 

Baptiste : J’imagine qu’avec les copains qu’on a et avec les milieux dans lesquels on traîne, on est forcément collé à un style. Au niveau de la musique en elle-même, c’est sûr que ce n’est pas du pop parce que c’est pas fait comme mais après je ne trouve pas que ce soit forcément du punk ou du post punk, ce n’est pas non plus de la musique électronique. Du rock moderne peut-être (rires). Je ne le dis pas sérieusement mais parfois je dis qu’on fait de la musique underground parce qu’on est rattaché à un milieu où on fait les choses nous-même. 

 

Bracco : Interview

 

Je reviens sur le premier album, Grave. Pourquoi “Fribourg” comme premier titre ? 

Baptiste : Quand on fait nos morceaux, on met des noms dans l’ordinateur pour les enregistrer, et on a joué plusieurs fois à Fribourg.

Loren : On revenait de Fribourg quand on a commencé ce morceau, on avait fait un concert dans un bar routier très cool, leBad Bonn. Les Oh Sees y sont allés plusieurs fois par exemple, c’est très bucolique, c’est vraiment beau ! Ils ont aussi un super festival. 

 

Vous avez joué dans d’autres groupes avant Bracco ? Et en ce moment, vous avez des projets en parallèle ? 

Baptiste : Je jouais dans un groupe qui s’appelait Los VV’s, on a eu notre petit moment de gloire dans le milieu du garage et maintenant je fais d’autres trucs à côté, mais rien de très sérieux. Je joue depuis peu avec Bisou de Sadam, et je joue aussi avec un pote, mais rien d’aussi poussé qu’avec Bracco.

Loren : J’avais un projet plus pop quand j’étais ado, on est aussi passé par du Math rock. Depuis j’ai continué avec des potes sur des évènements et sinon j’ai fait quelques musiques pour des films expérimentaux. 

 

Et quelles sont vos influences artistiques, et vos favoris du moment ? 

Baptiste : On n’écoute pas du tout les mêmes choses et c'est d’ailleurs ce qui est intéressant, sinon on irait vite vers telle ou telle chose.  Mais on s’est rejoint sur Dirty Beaches et Suicide. Sinon, en ce moment j’aime bien Anika et The Honeymoon Killers. 

Loren : J’ai pas mal saigné le dernier album de Tyler, The Creator, après j’ai pas mal écouté Crack Cloud ou Arca. 

 

Et sinon, c’était comment de jouer à La Villette ? 

Loren : C’était super super cool. 

Baptiste : C'est le genre de spot où on traîne depuis longtemps et La Villette c’est un peu l’étiquette quand tu fais ce genre de musique. C’est pas une consécration mais c'est un espèce de point d’orgue, c’est un peu la classe. C’était particulier pour nous, on était vraiment très contents de le faire. Après il y a eu d’autres super concerts.
Celui-là a un peu un sens pour les parisiens, parce que c’est le seul évènement gratuit avec de la bonne musique, et pas des trucs pétés. L’aspect cool avec La Villette, c’est que ça permet à plein de groupes chouettes de se faire connaître par un public un peu plus large. 

Loren : Et puis c’est donné à tout le monde d’y aller, il y a toujours eu une super programmation, très pointue. 

 

Vous appréhendez comment les concerts futurs, avec la conjoncture actuelle ? 

Loren : On n’y pense pas trop, s’il y a des concerts qui se présentent on en fera.

Baptiste : Et puis on est pas économistes donc on ne sait pas quels problèmes vont résulter de ce qui se passe. Mais même avant, ça faisait des années que c’était de pire en pire pour les musiques actuelles. Entre les problèmes de voisinage, les lieux qui ferment, etc. Ce n’est pas nouveau, peut-être qu’on pourra éviter les gouttes et continuer de jouer.

 

Comment imaginez-vous la suite des choses pour le milieu culturel ?

Baptiste : En matière d’art on va sûrement assister à la fin de beaucoup de choses. Rien que dans les formes de représentations proposées. Les musiques que l’on écoute se sont construites avec des gens qui se rencontrent et se nourrissent les uns les autres, donc je ne pense pas que les live internet aillent très loin. Et puis ce n’est tellement pas romantique ! Les gens qui se retrouvent en secret (ou pas) au fond d’une cave pour crier ce qu’ils ressentent ou ce qu’ils voient, c’est tout de suite plus excitant.
Les gouvernements totalitaires n’aiment pas trop la culture, donc ça me fait peur. Peut être qu’après la pensée unique de droite il y aura l’art unique de droite (rires).


The Holydrug Couple : Interview

C’est dans l’appartement chaleureux et décalé d’Yves à Santiago que nous rencontrons les chiliens The Holydrug Couple.

Actif depuis 10 ans, le groupe a beaucoup évolué et reste fidèle à la sonorité très psyché et mystérieuse qui se détache de chacun de leurs albums. C'est d'ailleurs emportés dans un univers nébuleux que nous écoutons Waterfalls, single de leur dernier album 'Hyper Super Mega' qui sort aujourd'hui.

The Holydrug Couple : Interview
The Holydrug Couple - © Carolina Sandoval - De gauche à droite Manuel et Yves

 

Depuis combien de temps vous vous connaissez?

Yves : Durant nos années collèges, on surfait au même endroit, Manuel a une maison de vacances à Pichilemu et on se retrouvait avec des amis. Je viens de Santa Cruz, Manuel de Edwin ?

 

Comment avez vous décidé de commencer à jouer ensemble ?

Manuel : On se connait depuis très longtemps. Yves jouait de plusieurs instruments, c’est ce qui m’a décidé à commencer la batterie et j’ai finis par en acheter une.
Puis un jour on s’est dis « tocamos juntos » (jouons ensemble). Et ça s’est fait « poco a poco ».
Le groupe existe réellement depuis 10 ans.

 

Quels sont vos rôles respectifs dans le groupe ?

Manuel : Yves écrit et on compose ensemble.

 

Comment étaient les premiers concerts ?

Manuel : Très petits, il y avait peu de personnes, on buvait des bières tous ensemble dans des petits bars de Santiago.

 

C’était surtout vos amis qui venaient ?

Yves : Même pas car on ne vient pas de Santiago à l’origine.

 

Vous avez un producteur ?

Yves : On est juste tous les deux, au niveau auquel on est actuellement, ce n’est pas difficile et ça nous laisse une liberté de mouvement. Mais si on vient à être plus connus ou plus nombreux, alors ce sera plus  difficile.

 

Pourquoi êtes-vous 3 sur scène mais 2 qui composent le groupe ?

Yves : C’est plus facile d’être 2 que 3 mais c’est aussi car on n’a pas encore rencontré la personne qui nous plaît vraiment et avec qui on voudrait partager tout ça. Mais l’idéal serait d’être 5.

 

Pourquoi avoir choisit The Holydrug Couple (Le couple de la divine drogue) ?

Yves : C’est venu comme ça, on devait trouver un nom et on a pensé que ça sonnait bien et comme nous sommes deux chicos, « Couple » passait bien. Mais le nom en soit ne signifie rien.

 

Comment décririez-vous votre style musical ?

Manuel : On peut dire rock mais, on n’aime pas rentrer dans des cases spécifiques.

Yves : J’aime pas l’idée de style musical, c’est ringard (rires).  La musique ne peut pas vraiment être catégorisée, elle est ouverte.

 

Quels sont les groupes qui vous ont influencé ? 

Yves : Ça fait 10 ans qu’on existe, Il y a donc énormément de groupes qui nous ont influencé.

 

L’un de vos albums s’appelle « Soundtrack », c’en est une ? Quelle expérience ça a été ?

Yves : En fait, il n’y en a pas eu, c’est le nom de cet album mais c’est une collection de morceaux. C’est un disque qu’on a voulu imaginer comme la soundtrack d’un film qui  n’existe pas. C’est seulement une collection, et « soundtrack » en est le titre.

 

Aimeriez vous en faire une ?

Yves : Je pense que oui. C’est un projet et une expérience nouvelle et intéressante. C’est très différent de la conception d’un album.

 

Où avez-vous déjà joué en France ? Connaissez-vous le Point Ephémère? Où est prévu le concert le 21 novembre prochain ?

Manuel : À paris on a joué au Supersonique, Espace B et à la Maroquinerie. Sinon à Bordeaux, Angers et Lyon.

 

The Holydrug Couple : Interview
Manuel - © Agathe Chebassier

 

Qu’est ce que vous écoutez en ce moment ? 

Manuel : Actuellement, j’écoute bcp de musiques électroniques.

Yves : Ces derniers temps, j’écoute beaucoup Kate Bush.

 

Pour vous, quel est l’album le plus complet, celui que vous préférez jouer ? 

Manuel : C’est impossible de choisir, c’est comme choisir son enfant préféré. On apprécie jouer les derniers albums car ils sont nouveaux mais on ne peut pas choisir un album en particulier.  On aime improviser pendant les concerts pour éviter le coté ennuyant de jouer par automatisme.

 

'Hyper Super Mega' sort le 14 septembre. À l’occasion de cet album, vous partez bientôt en tournée.
Pour combien de temps ?  comment vous sentez-vous ? Où allez-vous jouer ?

Manuel : On est plutôt tranquilles car on en a déjà fait pas mal, on connait maintenant. 

Yves : Je suis assez stressé car on n’a toujours pas joué le nouvel album, j’attends de voir comment va réagir le public et quelles ondes vont s’en dégager.

Manuel : On part 1 mois aux États-Unis et 2 semaines en Europe : en France, Angleterre, Suisse, Allemagne.


Los Nastys : Interview

Le 21 octobre dernier, nous étions fières de vous accueillir pour notre premier évènement à l’Espace B. Vous étiez nombreux et l’ambiance était chaleureuse, chaude et garage rock. Avant qu’ils passent aux choses sérieuses, nous avons eu le plaisir d’interviewer Los Nastys, ce quatuor maniant avec brio psychédélisme, punk, post punk et indie rock.

Leur passage sur scène était torride, chacun gardera un souvenir précis de cette atmosphère électrique avec laquelle ils nous ont fait vibrer.

Luis est guitariste et chanteur, il capte la foule avec fougue, sa folie nous transporte et on aime ça. Omar tient sa basse d'une souplesse ardente, Fran le deuxième guitariste manie la foule par sa nonchalance calculée, sa beauté apporte un brin de sensualité à l'ambiance déjà brûlante. Luli est à la batterie, elle envoute les spectateurs.

 

Los Nastys : Interview
Los Nastys - ©Lao Ségur - Espace B

 

Comment vous êtes-vous tous rencontrés ?

Luis
 : Aujourd’hui, Fran et moi sommes comme des frères, nous sommes cousins et nous avons grandis ensemble. Le groupe a commencé quand j’avais 16 ans, Fran en avait 20, il y avait deux autres musiciens avec nous.
Quand j’habitais à Madrid j’ai rencontré Omar dans un bar, et je lui ai dit que je jouais de la guitare avec mon frère, il m’a répondu qu’il jouait de la basse et m’a proposé que nous jouions ensemble.
Un autre ami est arrivé dans le groupe.
On connaissait Luli qui jouait avec d’autres groupes madrilènes, et on lui a proposé de venir avec nous en tournée au Mexique. Elle a accepté ! (Rires)

 

Quand vous jouiez dans d’autres groupes, c’était dans le même style musical ?

Luli : Oui, plus ou moins.

 

Et donc quelles sont vos influences ?

Luis: Au départ, on adorait the Libertines, the Strokes, the White Stripes et une multitude d’autres groupes. Puis, on a écouté des groupes comme The Black Lips et Ty Segall,  c’est à ce moment là qu’on a trouvé le style qui nous définit.

 

Tous ces groupes chantent en anglais, pourquoi avez-vous décidé de chanter en espagnol ?

Fran : L’espagnol est une très belle langue, et nous en sommes les ambassadeurs (rires).
Avec l'espagnol, on peut jouer ici, aux États-Unis et en Amérique latine.

 

Oui, ils peuvent vous comprendre.  Quand avez-vous commencé votre carrière, et enregistré votre premier album ? Comment votre carrière a évolué ?

Luis : Nous avons joué en première partie des Parrots, puis nous jouions souvent ensemble à Madrid. Nous avons enregistré notre premier EP en 2014, et puis un autre et enfin un album, et maintenant on tourne partout en Espagne.

 

Dans quels pays avez-vous déjà joué ? Dans des grandes villes ?

Luis et Luli : Espagne, Portugal, Angleterre, France, Mexique, US, Brésil, Colombie, Chili, Argentine.
Seulement dans des grandes villes et certaines capitales.

 

Et en France, comment se sont passés vos concerts ? Avez-vous apprécié d'y jouer ?

Luis : C’était dingue. Nous avons commencé à Bilbao, puis San Sebastian, Biarritz, Nantes, Lille, Paris, Strasbourg et Toulouse.

 

RAJOUTER IMAGE

Los Nastys - Espace B - 21/10/2017 ©Lao Ségur

 

Super. Êtes-vous influencés par la scène musicale espagnole car vous ne citez dans vos influences que des groupes américains et anglais ?

Fran : Je ne sais pas, nous sommes un peu influencés par des groupes espagnols des années 80, mais aujourd’hui, nos influences majeures viennent des Etats-Unis.

 

Avez-vous une anecdote marrante à raconter d’un concert ou d’une tournée ?
Des aventures ?

Luis : Je me souviens quand nous étions à Istanbul, Luli et Omar voulaient dormir. Avec Fran nous voulions sortir plus longtemps et on a rencontré un mec qui avait une clé spéciale pour ouvrir toutes les portes. On ouvrait toutes les portes et on s’amusait, et on s’est retrouvé dans un bar, où deux personnes se battaient, et quelqu’un a cassé le genou de Fran. On s’est retrouvé dans une ambulance, c'est là que nous avons réalisé qu’il était temps d’aller dormir (rires).

 

Quel était votre concert préféré ?

Luis : Peut-être à Madrid avec The Parrots.
Ou alors au Mexique, les gens sont tarés. On a fait un concert au Mexique, dans une ville qui s’appelle Puebla avec le groupe Together Pangea. Nous étions tous saouls, c'était très marrant.

 

J’ai vu que vous aviez fait un single avec Hinds, comment s'est-il déroulé ?

Luis et Luli : Nous étions amis il y a longtemps, puis elles ont commencé à jouer. Nous sommes restés amis et avons décidé de collaborer. Elles ont repris l’un de nos morceaux, Holograma. Puis nous avons discuté de différents projets à faire ensemble. Enfin, à notre tour nous avons repris un des leur morceau. Nous avons finis par faire un concert ensemble pour célébrer notre collab.

 

Et quels sont vos projets futurs ?

Luis : Nous allons prochainement retourner en studio pour travailler sur un nouvel album.


Deniz Bul : Interview

Artiste de sa génération, l'allemand Deniz Bul commence à mixer dès son plus jeune âge. Il fait alors ses premiers pas dans la composition et la production musicale.
Au fil des années, il organise de multiples soirées qui lui permettent de travailler en collaboration avec des clubs de sa région.
Sa musique est particulière et personnelle. Son style musical est à la fois aiguisé, profond et intense.
Depuis 2014, Deniz Bul a rejoint le label de Boris Brejcha, Fckng Serious. Son univers inspire de plus en plus à travers le monde, en passant par le Brésil, l'Argentine, le Mexique, l'Inde, la Suisse et évidemment son pays natal, l'Allemagne.
Ce jeune talent a l'avenir devant lui pour faire évoluer sa musique et nous révéler un côté plus affranchi.

 

Deniz Bul : Interview
© Deniz Bul

 

Qu'as tu pensé du Big Bang Festival ?

Le festival était exceptionnel.
L'ambiance générale était super. J'ai ressenti une forte connexion entre la foule et moi. J'ai vraiment apprécié - c'était tellement puissant.

Encore merci aux français, ils savent vraiment bien faire la fête. J'espère être de retour bientôt !

 

Depuis tes débuts comment la scène et ton public ont évolué ?

J'en suis toujours au début, mais je réalise que quelque chose est en train de se passer.
Certains fans voyagent de ville en ville juste pour m'entendre jouer. La chose la plus folle que j'ai pu voir était un tatouage sur lequel était écrit  mon nom et Lost In Rave, le titre de l'une de mes chansons.
Je suis très heureux de vivre ça. J'espère que ça sera toujours le cas dans le futur.

 

Comment as-tu rencontré les autres membres de Fckng Serious ?

J'ai rencontré Boris [Ndlr : Boris Brejcha] il y a 5 ou 6 ans. Je lui avais envoyé un message sur Youtube, et par la suite nous nous sommes rencontrés en personne. Depuis, nous sommes très bons amis.
A l'époque, Ann [Ndlr : Ann Clue] sortait avec Boris, je l'ai donc aussi rencontrée.
L'année dernière j'ai fait la connaissance de Theydream - par leur musique.
Chacun de nous formons une partie de Fckng Serious.

 

Theydream est de plus en plus présent, tu as des projets en cours avec le groupe ?

Ouais, ces gars font de la musique vraiment coo et harmonieuse.
Nous avons déjà parlé d'une collaboration et nous aimerions vraiment la faire prochainement. Je pense que ça pourrait vraiment être intéressant, parce que nos styles sont très différents.

 

Qu'est ce qui t'inspire quand tu fais tes sons ?

La plupart du temps, je crois que je m'inspire de la vie. Je découvre de nouvelles émotions de par les voyages et les expériences de ma vie. Je pense que la production musicale est comme le miroir de l'âme.
Par exemple : Si je me sens bien je vais produire quelque chose qui fera danser. Parce que je suis heureux. Ca me fait me sentir bien. Et parfois je me sens triste ou je passe juste une mauvaise journée - alors je produis quelque chose de plus profond ou noir.
De manière générale, la musique est très personnelle. Ça te montre ce que tu ressens quand tu produis une musique.


Le BIG BANG festival, un univers cosmique

La foule est déjà bien présente lorsqu’Hardies aborde les portes des Docks de Paris. C’est le deuxième et dernier soir du Big Bang Festival, la nuit s’annonce céleste et cosmique.
Pour cette quatrième édition, tout nous invite au voyage et à l’abandon pour la musique.

Le BIG BANG festival, un univers cosmique

 

Cette année, le festival propose une programmation exclusivement étrangère.
Plus hétérogène le vendredi, le Big Bang accueille Sam Paganini, Sacha Carassi et Enrico Sangiuliano qui sont italiens. Egbert et Secret Cinema viennent des Pays Bas, Santé est allemand, tandis que Blond:Ish viennent du Canada.

 

Le BIG BANG festival, un univers cosmique
Blond:ish au Woogie Weekend - © Connor Lee

Blond:ish est composé d'Anstascia D'Elene Corniere et de Vivie-Ann Bakos. Le duo canadien est né à Montréal en 2008.

Blond:ish Feat. Bahramji - Laberinto

Le samedi, un line-up à la fois allemand et roumain est prévu.
Un hangar est destiné à Fckng Serious (Boris Bejcha, Ann Clue et Deniz Bul).
Désormais connu du grand public, le label surprend encore. Les artistes transmettent une énergie incroyable qui électrise la salle.
Ann Clue était la première à jouer, avec son set, elle fait monter la pression.  Son dernier morceau Streets of Gold fait partie de l'album '22' de Boris Brejcha.
C’est ensuite au tour de Deniz de nous faire vibrer, et on se souvient de lui dansant avec la foule lors du set d'Ann Clue.

 

 

 

Le BIG BANG festival, un univers cosmique
Deniz Bul au Big Bang Festival - Crédit photo : Maxime Charmat

 

La deuxième scène accueille le live de SIT (Vlad Caia et Cristi Cons), mais aussi Petre Inspirescu et Suciu.
Les djs arrivent de Roumanie et ont une réelle qualité musicale à faire découvrir. Ils sont un vent d'air frais sur la scène internationale.
Stupéfait par tant de talent, la salle était hors d’haleine. Les artistes ont tous réussi leur set avec brio et la mise en scène était splendide, avec des plafonds couronnés d'étoiles. Impossible de ne pas succomber à l’engouement général.

Le BIG BANG festival, un univers cosmique

Vlad Caia et Cristi Cons ont créé le duo SIT (Sideways Théorie Invisibilité) et fondé le label Amphia.
Leur projet est d'apporter un regard neuf sur la scène électronique. Ils souhaitent un océan infini de formes musicales et d'idées. Cristi Cons est également impliqué dans l' Ensemble project de Petre Inspirescu.
Ce dernier, plus connu, enchaîne les dates. Il jouera au Bellona Club à Lyon le 5 novembre prochain et je conseille à nos amis Lyonnais d'aller y jeter un coup d’œil.

 

Le BIG BANG festival, un univers cosmique
Suciu a développé sa passion pour la musique à travers des références musicales pop, rock et blues comme  Deep Purple, Led Zeppelin, Depeche Mode, Prince, Eric Clapton et John Lee Hooker.
En 2006, il débute sa carrière musicale en organisant diverses soirées et en partageant les scènes avec des noms comme Jay Bliss, Praslea, Sebo, El Cezere et Raresh.

Cosmjn, dj roumain, n'était pas au Big Bang mais, ses qualités musicales valent d'être entendues.


Ann Clue : interview

"La musique a toujours fait partie de ma vie, mon père est professeur de musique, donc j’ai grandi avec elle. J’écoute beaucoup de styles musicaux et il n’y en a  pas un que je préfère, je pense que chaque genre à sa place dans chaque situation".
Ann Clue, dj allemande présente sur la scène techno internationale, nous a accordé une interview entre deux avions.

Ann Clue : interview entre deux avions
© Gaetan Tracqui - Ann Clue qui joue au Zig-Zag à Paris.

Pour Ann Clue, la musique c'est "sa vie, sa passion, ce qu'elle aime le plus au monde". Nous pouvons d'ailleurs l'observer par ses tournées qui semblent ne jamais finir ; en octobre elle était en Argentine, en novembre en Inde et dernièrement au Zig-Zag à Paris.

 

Quel est ton endroit idéal pour écouter de la musique ? Ta musique du moment, ta référence de toujours ?

 
Absolument partout! Dans ma voiture, mon lit, quand je cours, ou que je prends l’avion, quand je fais les magasins, ou que je travaille… Pourvu que j’ai de bons écouteurs.
En ce moment, j’écoute beaucoup Singularity de Stephan Bodzin et Sun Will Rise de Bonobo et Speech Debelle.
J’aime tellement de genres différents que je ne pourrais pas en choisir un en particulier, mais l’un de mes morceaux préférés reste  l’Extrawelt Remix de Minilogue's Leopard.

 

Quels sont tes endroits préférés pour mixer ? Une anecdote à raconter ?

J’adore jouer lors de festivals l’été, principalement quand le soleil se couche ou se lève !
Mais j’aime tous types de soirées, quand les gens apprécient la musique et s’amusent, quand la scène n'est pas tellement importante.
L’une des mes soirées préférées était à l’Arène de Nîmes. Je ne jouais pas, mais c’était incroyable, la musique, l’ambiance, le vieux théâtre … J’ai la chair de poule rien quand y repensant !!

 

Ann Clue : interview entre deux avions
© Christian Sedo - Ann clue entourée de Deniz Bul à gauche et de Boris Brejcha à droite.

 

FCKNG SERIOUS est un gros projet, vous jouez partout dans le monde, et prenez le temps de répondre aux interviews. D’où vous vient tout cette énergie ?

Ann : L’énergie est toujours là parce que c’est notre passion. Nous adorons ce que nous faisons et nous restons à 150% dans l'idée que nous devons avoir une vraie famille musicale : être entourés de personnes qui nous aiment. Le meilleur de notre vie se passe sur les tournées !

Boris : Et puis d’une certaine manière, c’est notre façon de vivre. Produire de la musique, c’est la partie "Serious", et jouer c'est plus la partie "Fckng".  Nous sommes à fond dans notre projet, et ça le rend tellement facile à gérer. Ce que je veux dire, ce que nous avons fait d'un hobby notre travail et c’est ce dont rêve tout le monde.

Deniz : Quand tu fais ce que tu aimes, ça devient plus qu’un "travail". Tu tires ton énergie des choses en elles-mêmes, et bien-sûr de la musique.

 

Nous leur avons ensuite demandé d'où leur est venue l'idée du nom du label : Fckng Serious.
Ann nous a expliqué que Boris rêvait depuis des années de fonder son label et surtout de le rendre spécial. Ils ont donc eu de nombreuses années pour y réfléchir. Le nom est tiré d'une musique de Boris et de Deniz.
"Nous avons tout de suite senti que c'était le nom parfait pour décrire nos ambitions, c'est un fckng cool name ! "
Puis nous leur avons demandé ce qu'ils pensaient de la scène berlinoise, longtemps considérée comme la meilleure.

Ann : Je n’ai jamais joué à Berlin donc je ne pourrais pas le dire, mais j’aime beaucoup la ville. Mais je dirais que Berlin a perdu de son glamour et de son charme underground, parce que maintenant tout le monde y va. Peut-être que la France et l’Amérique du Sud sortent un peu du lot, parce que leur manière de faire la fête est vraiment cool et folle ! Ils peuvent faire la fête comme si les nuits ne finissaient jamais !

Boris : Cette rumeur existe toujours ? (rires) Ce que je veux dire c’est que j’ai fait beaucoup de dates dans le passé à Berlin, et j’ai d'ailleurs joué dans un club appellé le Kosmonaut, où j’ai passé un très bon moment. Mais si tu compares Berlin aux autres villes du monde il n'y a pour moi vraiment rien de spécial.

Deniz : Je n’ai jamais joué à Berlin mais je pense que je pourrais m’imprégner de l’énergie de la ville.  De très bons producteurs de musique électronique y vivent et j’aime leur musique. Donc oui, je pense que je pourrais y être sensible de cette manière.

 

Boris, j’imagine que tu es fier de ton label, qui marche plutôt bien. Qu’est-ce que tu pourrais nous dire de plus ?

Finalement oui, il marche vraiment bien. Et j’en suis assez impressionné. Nous nous en occupons depuis quoi, six mois ? Et il y a déjà tellement de fans, et tellement de personnes qui se souviennent du nom de notre label. C’est vraiment génial ! Notre premier showcase avec FCKNG SERIOUS était à Sao Paulo en Aout dernier. Le processus de diffusion fonctionne de manière rapide. Nous en sommes très heureux et je suis vraiment content de chacun des artistes du label. Pour le futur, nous avons beaucoup de projets : mon cinquième album est sorti en février, composé de 22 chansons, et on a déjà des plans pour placer FCKNG SERIOUS sur la scène européenne, et sur la scène internationale, on espère, en Australie par exemple.

 

Certaines personnes t’écoutent depuis des années, c’est surprenant de te voir sortir sur le label des morceaux déjà sortis l’an dernier. Tu peux nous en dire plus ?

Pour moi ce n’est pas vraiment surprenant. C’était l’étape suivante dans ma carrière.
J’ai travaillé avec Harthouse pendant 7 ans, toute ma carrière donc, jusqu’à cette année.
Nous avions toujours tout un tas de discussions sur la manière de sortir ma musique, des détails sur les pochettes d’albums et tout ça. Je ne me sentais pas vraiment libre, et à mon aise. Avec mon propre label, je peux faire ce que j’ai envie et c’est super. Etre libre est une des choses les plus importantes dans la vie.

 

Deniz, dis nous, quel effet ça fait de faire partie d’une telle aventure, de faire danser les foules ? 

A chaque fois qu’une soirée a vraiment une bonne ambiance, c’est magique, parce que je n’ai pas à penser à ce que je fais, ça se passe juste.
Interagir avec la foule et sentir son énergie est une de meilleurs choses qui puisse arriver quand je joue mon set. Je n’aime pas ça, j’adore !

 

Pour finir, vous partagez tous ces moments ensembles, j’imagine que ça vous a tous beaucoup rapproché. Avec toutes ces dates, vous arrivez toujours à vous supporter ? 

Ann Clue : interview entre deux avions
© Gaetan Tracqui - Ann Clue

Ann : Bien sûr, je dirais même que plus on joue ensemble et plus on peut compter les uns sur les autres et apprécier de passer du temps ensemble. Personnellement, j’adore être avec les mecs, même si ce n’est pas toujours facile (rires). Ce que je veux dire, c’est que nous sommes tous différents, à bien des égards, mais on a tous cette même idée de notre futur, et c’est ce qui permet de nous garder si proches les uns les autres. Si tu as un rêve, il n’y a rien de mieux que d’avoir des personnes avec qui le partager.

Merci à Ann Clue de nous avoir accordé son temps mais aussi à Boris et Deniz d'y avoir participé.


Le Zig Zélé, à la rencontre d'un poète des temps modernes

Le Zig-Zélé, alias Pierre, il vient de Bourgogne, il a 28 ans et il a plein de choses à nous dévoiler.

 

Le Zig Zélé, à la rencontre d'un poète des temps modernes

 

C’est dans un café poitevin que nous nous rencontrons. Pour ma part, une première interview qui s’est très bien déroulée. Un artiste intéressant et une rencontre enrichissante.

Ses débuts dans la musique, c’est l’écoute du rap mais aussi la lecture puis l’écriture. A 18 ans, il découvre le logiciel Reason et s’amuse avec. Un jeu qui finit par une jolie production, des enregistrements et des disques.
Quand on lui demande de nous dire ce que la musique représente pour lui en 3 mots, "Le Zig" nous répond que c’est l’expression du corps, de la pensée et des sentiments, le rythme et le partage.

Pourquoi Khamsin et Zig Zélé ?
Une incompréhension qu’il s’empresse d’éclaircir. Khamsin date de son adolescence, il aimait les consonances du mot, "ça renvoie à  l’exotisme". Puis il ajoute qu’il s’en est lassé, que ça ne correspond plus à sa personne, son univers.   Le Zig Zélé, c’est très différent, c’est un décalage. Il explique qu’il aime la répétition des Z et la consonance, qu’il possède une certaine dualité.
Souriant, il ajoute que certains trouveront que ça ne sonne pas très « Hip-Hop » mais il le défend au contraire, "je trouve que ça colle carrément à mon hip-hop".

Le Zig Zélé, à la rencontre d'un poète des temps modernes

On retrouve cette dualité dans son rap. Dans l'EP3, il y a le morceau  Clown en kimono : on reconnait la blague et la critique, l’art et la manière, l’originalité et la rigueur, la simplicité et le sérieux. La simplicité étant un de ses traits de caractère.

Quand on écoute l'interview d'un rappeur, souvent les références étonnent, cette fois encore plus.
"Je suis avant tout auditeur, j’aime découvrir des artistes, écouter de nouvelles choses".
Il aime beaucoup la chanson française, ses incontournables sont Jacques Brel, Georges Brassens, Edith Piaf, Alain Souchon, Renaud et beaucoup d’autres.
Evidemment, on retrouve aussi du rap, français comme américain, la liste est longue.

Dans ses basiques, on retrouve de grands classiques du rap français : IAM, NTM, LA RUMEUR, ATK, HOCUS POCUS et ce n’est pas fini.
Plus récemment, il écoute l’animalerie avec notamment Lucio Bukowski et Anton Serra. Et Rezinsky, un rappeur qui vient d’Angers ou encore Hippocampe Fou. Il aime beaucoup le rap d’une jeune rappeuse Eli MC, « c’est de bonne facture ».  Avec Pierre, on peut passer des heures à parler d’artistes de rap, la liste est interminable.
"Autres influences, évidement le hip-hop ricain, De La Soul, ATCQ , Wu, Fugees, KRS, GangStarr, Eminem, JP Manova, NAS etc".
Deux rappeurs qui l’inspirent : Gaël Faye un rappeur membre du groupe de hip-hop Milk Coffee and Sugar.
Et Melan, "qu’est-ce qu’il envoie, tu ressens que ça sort des tripes, que c’est authentique".

 

Le Zig Zélé, à la rencontre d'un poète des temps modernes

 

Le Zig Zélé a fait quelques scènes, d’abord du slam à Paris, puis il   commence vraiment il y a 2 ans et demi à Nantes, essentiellement dans des bars. "Les premières fois c’est très stressant. Jouer dans un bar est un exercice difficile".
Il a joué avec MAD (Musiques à Découvrir), il nous explique. "C’est l’asso musicale de Nantes, le concept, c’est un genre de tremplin et qui est proposé aux musiciens de la région". Il a postulé, a été sélectionné et a, en mars, « sur une vraie scène » fait un set de 45 minutes. Il a fait partie des lauréats, et a pu prétendre à un accompagnement avec l’association Tremplolino pour travailler la construction de ses sets et leurs mises en forme. "Donc MAD, dispositif positif".
Extrait de son concert.

 

Comment t'imagines-tu dans 10 ans ?

"La question typique de l'entretien d’embauche" puis "pareil mais en mieux" et "une musique qui a évolué, des gens qui continuent à m'écouter, à me suivre".

 

Ton style de rap est particulier, comment le qualifies-tu ?

Selon moi, ça veut dire qu'il est plutôt unique, décalé et pas complètement calqué sur un autre. Donc je prends ça comme un compliment. Je le qualifie de hip-hop à texte. Je mets beaucoup d'efforts dans ma musique, mais surtout dans l'écriture, le son, le sens, et j'ai envie que les gens l'entendent comme ça.

 

Que penses-tu du rap français d'aujourd'hui et selon toi quelle en est la meilleure période ?

Aujourd'hui, j'ai l'impression que le hip-hop est bien en place, bien présent sur le territoire, avec beaucoup d'artistes, d'activistes, de projets. Une vraie légitimité, qu'il n'y avait pas forcément avant. Et surtout de plus en plus de gens pour l’apprécier. Il y a beaucoup de bonnes choses, beaucoup de choses dans l'underground, des mecs qui font leur petite sauce, avec un esprit hip-hop, avec sincérité. C'est cool.

 

Le Zig Zélé, à la rencontre d'un poète des temps modernes

 

J'ai grandis dans les 90's, donc à la base, je suis plus attiré par le boom rap, les trucs old school, ça me parle plus. Mais je reste ouvert, j'écoute de nouvelles choses. Et puis c'est subjectif, ça reste mon avis, mon expérience de la musique. Et l'art reste une affaire de goût, de sensibilité.

Le problème, c'est qu'il y a des artistes mainstream qui prennent toute la place sur les grandes chaînes médias et qu'on sert à la populace en disant 'tiens écoute le rap de Maître Gims'.Mais c'est pas du rap. C'est autres chose, un autre concept. J'ai envie de dire tant pis pour ces gens-là, ceux qui confondent hip-hop et Sexion d'Assaut et autres pseudo rappeurs ou pseudo gangsters.

J'ai pas envie que les gens aient une vision décalée de cette musique. J'aimerai qu'ils ressentent ce que je ressens quand j'écoute du hip-hop.

 

Comment définirais tu le rap ?
"Pour moi ça rejoint la définition de ma musique, le rap c'est l'expression par excellence, que tu racontes ta vie ou de la pure fiction. C'est la possibilité de dire autant de mots en si peu de temps. C'est aussi l'hommage répété aux autres artistes, aux autres musiques. C'est le crépitement du vinyleC'est l'envie, l'énergie, l'authenticité. La je te donne ma définition, le rappeur d'à côté te dira surement autre chose, ou la même chose mais avec des mots différents. Et c'est ça qui est cool : les nuances, la richesse, la diversité".

Pierre nous dit que son rap a plein de messages à faire passer, tous ceux de ses chansons. "Et ma définition du hip-hop, comme ça, disséminée dans mes morceaux". Selon lui, si on colle tous les morceaux les uns aux autres,  on aura surement une idée plus précise de sa musique et de sa personne.

https://soundcloud.com/lezigzele/il-en-rdemande?in=lezigzele/sets/ep-2-emcee

Après 3 EP, son album n'est pas pour tout de suite. "Je pense que l'album se fera quand je me sentirai prêt, quand mon projet aura mûri".

Une première expérience très instructive, à renouveler à la sortie de son album. ;)


FCKNG SERIOUS, un label qui monte en puissance

Pour mon premier article, je souhaitais vous faire découvrir un label, FCKNG SERIOUS, créé en 2014 par Boris Brejcha et regroupant des artistes qui me sont chers tels que Ann Clue, Deniz Bul ou encore Theydream.
Ce label, trop peu connu, aurait le mérite d'être révélé aux personnes s’intéressant de près ou de loin à l'univers électronique/minimal/techno.

FCKNG SERIOUS, un label qui monte en puissance

Boris Brejcha, est un allemand de 34 ans. Aujourd'hui, on peut le qualifier de légende de la musique hightech/minimal.

FCKNG SERIOUS, un label qui monte en puissance
A 13 ans, j'entends pour la première fois ce style musical auquel je n'attache à l'époque, pas trop d'importance.
C'est avec l'écoute de Yeah, sortit en 2010 dans l'album 'My name is' que ma vision change.
Boris Brejcha m'est devenue depuis un indémodable et un basic de la musique minimal.
Aucun style musical ne lui correspond réellement, c'est pourquoi Boris choisit de créer son propre style : l’high-tech minimal, qui marie techno minimal et rythmiques intensives.
Il démarre dans la musique avec batterie et clavier, ce qui l'aidera beaucoup par la suite dans la production.
Une émission de radio 'RPR Maximal' le pousse à se tourner vers la musique électronique et il sort ainsi en 2006 ses deux premiers albums  'Monster' et 'Yellow kitchen' sur le label berlinois Autist Records.
En 2014, il produit l’album 'Feuerfalter' et fonde son propre label.

Ann Clue, compagne de l'artiste, décide de le rejoindre dans cette nouvelle aventure et devient résidente de Fckng Serious.FCKNG SERIOUS, un label qui monte en puissance

Elle avait, avant de trouver sa passion pour la musique électronique, expérimentée différents styles musicaux.
Elle commence à produire en 2010, et sort plusieurs titres, tel que Sansibar.

Depuis, elle est présente sur les plus grandes scènes mondiales, aux côté de Boris Brejcha et fait partie à part entière du label.

FCKNG SERIOUS, un label qui monte en puissance

Ann Clue et Boris ont d'ailleurs sortis un EP ensemble sur le label, que je vous laisse découvrir ci-bas.
Comme elle le dit si bien "Listen and Enjoy!".
https://soundcloud.com/fckng-serious/sets/fs005-young-and-stupid-ann
Deniz Bul, meilleur ami de Boris, rejoint aussi le label, et ce n'est pas pour nous déplaire.FCKNG SERIOUS, un label qui monte en puissance

Pour en arriver là, il a du faire de nombreux sacrifices ; organisant ses propres "parties" et en travaillant avec des clubs locaux. Encore trop peu écouté, Deniz fait pourtant de la musique de qualité.
A la base plus tourné vers la techno que la minimal, il nous surprend avec son dernier EP, qu'il sort en collaboration avec Boris sur le label : R U FCKNG SERIOUS" Ce morceau plaît beaucoup par ses sonorités très futuristes.
Theydream, autre nom du label, compte deux frères, Jonas et Stephan Ross.
Ce fut pour moi une superbe découverte : leurs sons à la fois doux et envoûtants font voyager. Le faucon considéré comme de la Minimal House, ou encore 127 de la minimal pure sont des titres de très grandes qualités, que je recommande vivement.
FCKNG SERIOUS, un label qui monte en puissance Si Theydream ne joue pour l'instant pas en France, ça ne saurait tarder. Malgré leur jeunesse et leur "petite" expérience, je mise beaucoup sur leur talent, et suis persuadée qu'ils ne vous décevront pas.
Ils font partie de ces artistes que l'on peut se permettre de qualifier de bons, voir très bons. 

Ce label, fondé par Boris Brejcha il y a peine un an, se voit déjà un bel avenir pour l'ensemble de ses résidents, choisis avec qualité par leur fondateur.
Toutefois, une question concernant ce dernier demeure entière ; pourquoi choisit-il de sortir sur son label des sons comme Space, datés de plus d'un an, plutôt que des de nouveaux titres ?
Nous nous ferons un plaisir de demander cela à Ann Clue (dans une interview qui arrivera très prochainement).